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PHILIPPE COLINET |
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Les origines du Kalaripayatt
Kalari et Kérala : une naissance commune. Impossible de savoir avec précision à quand remontent les débuts du kalaripayatt. Nous n’avons guère pour cela que les légendes indiennes. Celle de Parasurama, rapportée surtout dans les chansons du Malabar (Nord Kérala), raconte que ce seigneur fonda l’état du Kérala (en jetant sa hache de combat en mer d’Arabie !), ET le kalaripayatt. Ayant acquis la double qualité de sage et de guerrier, Parasurama, premier Gurukal (maître), enseigna alors son art martial à 21 disciples et fit construire 108 kalaris (école) pour qu’ils protègent le nouvel état du sud de l’Inde. Kalari : ancêtre des arts martiaux. Depuis la pointe sud-ouest du sous-continent, le kalaripayatt se propage, véhiculé par les moines pèlerins, marchands avec gardes du corps et autres commis voyageurs. Là encore, la légende nous conte qu’un expert en kalaripayatt, moine bouddhiste de la caste des guerriers appelé Bodhidharma remonta du Kérala à la Chine. Suivant sa route jusqu’au monastère de Shaolin, il y introduit la-dîte “boxe de Shaolin” qui donnera le kung-fu. En effet, les arts martiaux pratiqués en Inde du sud (kalaripayatt, varma kalai, selambam...) et ceux exercés en Chine (kung-fu, tai chi chuan...) montrent de nombreuses similitudes, notamment dans les mouvements enchaînés, les positions d’inspiration animales et les techniques tenues secrètes. Kalari : apogée, déclin, renaissance (?). Dans les faits, le kalaripayatt vit son âge d’or en Inde pendant la période féodale (XIII-XVIèmes siècles). Les pratiquants sont alors appelés à se battre (parfois en duels) lors des multiples conflits inter-royaumes au sein du kérala. Sous l’empire britannique, la science du kalaripayatt manque à disparaître. Les colons en interdisent même la pratique en 1804. Avec une cinq centaine de kalaris (écoles) recensés au Kérala, aujourd’hui le kalaripayatt survit. Il reste néanmoins très méconnu en occident où il commence tout juste à être exploré. Toutes les richesses du kalaripayatt sont à (re)-découvrir... | |||||