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PHILIPPE COLINET |
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Les armes
STYLE DU NORD La position fléchie est une particularité du style du nord. Proche du sol, le pratiquant protège mieux ses principaux points vitaux situés sur l'avant du corps. De plus, la position enmarna, colonne droite et genoux fléchis, développe les hanches et les cuisses, mais surtout, active le centre énergétique au niveau du nombril (nabhi mula). - bâton long ou panthiruchan Avant d'aborder le combat libre ou improvisé, l'élève doit maîtriser plusieurs séries de combats codés en duel. - bâton court ou munchan Le munchan se pratique également à deux de manière codée, à ceci près que les attaques se font beaucoup plus courtes et rapides. Ce rythme soutenu prépare aux techniques à mains nues. - bâton incurvé ou otta Esthétique, martiale, fluide, l'otta est considérée par beaucoup de maîtres comme une technique modèle. Elle engage également de bonnes qualités physiques et psychologiques. Avec elle survient la forme “interne” ou énergétique de l'art martial, pourvu que la position soit juste, le souffle placé et l'esprit concentré. - dague Cette arme millénaire était déjà employée à la période védique. Là encore, les combats sont codés et en duel. A ce stade de l'enseignement, l'équilibre, la concentration et la fixité du regard doivent être parfaits. - couteau Là, pas d'enchaînement, car il s'agit de simultanément bloquer / frapper, bloquer / désarmer ou esquiver / désarmer son adversaire. - épée et bouclier Arme fétiche des nayars (caste des guerriers kéralais) à la période féodale, l'épée reste aujourd'hui une arme reine. Parmi de nombreux styles, le puliyankam (ou “style du léopard”) est le plus élaboré. Une pratique très féline et rapide où l'attaquant, caché derrière son bouclier, se tient prêt à bondir. - urumi et bouclier L'épée à lame flexible est de loin la plus dangereuse mais aussi la plus spectaculaire des armes de kalaripayatt. Enroulée autour de la taille, elle peut être déployée en une fraction d'instant. Le débutant s'entraîne d'abord à la faire tournoyer seul avant de passer aux duels avec bouclier. STYLE DU SUD Ce style a surtout élaboré les techniques à mains nues, s'inspirant souvent du nord dans ses pratiques d'armes en fer (c'est le cas pour l'épée). L'une de ses singularités : des combats enchaînés (vela) au munchan et au couteau. - muchan Plus court que le munchan du nord (40 contre 50 cm environ), ce petit bâton s'utilise la plupart du temps à la façon d'une matraque. La première partie de l'enseignement permet d'apprendre à désarmer l'autre, autant qu'à se protéger et attaquer certaines parties précises du corps (oreilles, visage, ventre et flancs). Viennent ensuite les 10 combats enchaînés. Outre le munchan, les deux adversaires y utilisent les pieds et les poings. Quand les extrémités du munchan visent les points vitaux, il est une arme redoutable. - bâton long L'apprentissage comprend trois étapes : d'abord un travail d'attaques et de blocages à deux. Puis, individuellement, l'élève s'entraîne aux manipulations, rotations et changements de main (avec un ou deux bâtons). Retour aux exercices en binôme pour les combats enchaînés. - couteau C'est une arme où les maîtres se sont beaucoup investi, créant leurs techniques propres inconnues dans le style du nord. Ils y ont notamment ajouté des déplacements et enchaînements qui incluent coups de pieds et poings. Comme au munchan, le défenseur à mains nues est confronté à l'attaquant armé. Une pratique qui réclame une attention aiguisée et beacoup de confiance en soi. - épée et bouclier Le style a été fortement influencé par celui du nord. Variante : la forme de l'arme est néanmoins plus incurvée. Les premières leçons à l'épée (pratiquées sans bouclier) rappelent certaines techniques d'escrime. L'initiation se fait parfois au bâton. Puis l'apprentissage devient de plus en plus élaboré ajoutant contre-attaques, sauts, etc... - urumi et bouclier Contrairement à son cousin du nord, l'urumi du sud est équipé d'une poignée pivotante et peut présenter plusieurs lames (deux ou trois). L'élève s'entraîne d'abord individuellement à des rotations rapides qui empêchent l'adversaire d'approcher. Deuxième étape : les combats enchaînés à deux. Là, le bouclier intervient pour parer les attaques. |
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